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Accueil › Vrac et anti-gaspi

■Tendance installée

Le vrac et l'anti-gaspi au quotidien

Il y a quelques années, le vrac avait des airs de manifeste. L'engouement est retombé, quelques magasins spécialisés ont fermé, et pourtant les silos de lentilles et de pâtes sont toujours là. Le vrac a trouvé sa place, plus modeste, à côté d'une habitude qui, elle, progresse sans bruit : ne plus jeter.

Notre lecture : installé

passeduremonte

Un retour, pas une invention

Acheter au poids, dans son propre contenant, n'a rien de révolutionnaire. Jusqu'au milieu du siècle dernier, c'était la règle dans l'épicerie de quartier : le commis pesait le sucre, la farine ou les pois cassés puisés dans des sacs de toile et des tiroirs en bois, et versait la marchandise dans un cornet de papier ou dans le bocal apporté par le client. L'huile, le vin et le vinaigre se tiraient au tonneau.

L'emballage individuel s'est imposé avec le libre-service et la grande distribution, pour des raisons d'hygiène, de traçabilité et de rapidité. Le vrac d'aujourd'hui reprend donc un geste ancien, avec des silos à trappe, des balances à étiquettes et des règles sanitaires bien plus strictes qu'autrefois.

Gravure de 1873 montrant un épicier à son comptoir devant un mur de tiroirs, avec une balance, un tonneau et une cliente au panier
Une épicerie en 1873 : tiroirs, balance et tonneau, le vrac d'avant le libre-service.

Ce qui reste du vrac après l'engouement

Le baromètre le classe parmi les tendances installées, mais installées dans un périmètre plus étroit qu'annoncé. Le vrac a bien résisté pour les produits secs que l'on consomme régulièrement : riz, pâtes, flocons d'avoine, fruits secs, café en grains, et surtout lentilles, pois chiches et haricots secs, qui se conservent longtemps et se prêtent à l'achat au poids. Il a beaucoup moins pris pour les liquides et les produits d'entretien, plus contraignants à transporter et à doser.

L'argument du prix a aussi évolué. Le vrac n'est pas toujours moins cher que le paquet ; en revanche, il permet d'acheter la quantité exacte dont on a besoin. Pour une épice qu'on utilise rarement ou une farine qu'on veut seulement essayer, c'est un vrai avantage.

Bien choisir et entretenir ses contenants

Le vrac repose sur une logistique domestique simple, mais qui demande un peu de rigueur.

Bocaux en verre empilés contenant des noix de cajou, des pâtes, du café en grains, du riz et des graines
Noix de cajou, pâtes, café, riz : des bocaux qui gagnent à porter une étiquette.

DLC et DDM : deux dates à ne pas confondre

L'anti-gaspi commence souvent par la lecture des étiquettes. Deux mentions coexistent, et elles ne veulent pas dire la même chose.

MentionCe qu'elle signifieProduits concernés
« À consommer jusqu'au » (DLC)date limite, à respecterproduits frais et périssables : viandes, poissons, plats préparés, certains laitages
« À consommer de préférence avant » (DDM)au-delà, le goût ou la texture peuvent baisserproduits secs ou stables : pâtes, riz, biscuits, conserves

La DLC concerne les aliments qui peuvent présenter un risque une fois la date passée : mieux vaut ne pas jouer avec. La DDM, elle, indique surtout une garantie de qualité. Un paquet de pâtes ou une boîte de conserve en bon état reste en général consommable un peu après cette date, à condition que l'emballage soit intact et que l'aspect et l'odeur soient normaux. Dans le doute, on s'abstient.

La cuisine des restes, cœur de l'anti-gaspi

Le gaspillage domestique tient moins aux dates qu'aux restes oubliés au fond du réfrigérateur. Quelques habitudes changent beaucoup les choses :

  1. ranger les produits les plus anciens devant, les plus récents derrière ;
  2. cuisiner en quantité raisonnable, ou prévoir d'emblée une seconde utilisation ;
  3. transformer : le pain rassis en chapelure ou en pain perdu, les légumes fatigués en soupe, le riz de la veille en riz sauté ;
  4. penser à recycler les restes dans la gamelle du lendemain, ce qui règle en même temps la question du déjeuner.

La congélation complète le dispositif. Pain, plats cuisinés, herbes hachées, fruits bien mûrs se congèlent très bien, à condition de laisser refroidir les préparations avant, d'utiliser des contenants adaptés et d'y noter la date. Un aliment décongelé se consomme rapidement et ne se recongèle pas.

Les légumes en surplus peuvent aussi prendre une autre voie, plus lente : mettre des légumes en bocaux par lactofermentation permet de les garder plusieurs semaines tout en leur donnant un goût nouveau.

Les paniers d'invendus, nouvelle habitude

Dernier venu dans le paysage, le panier d'invendus s'est fait une place en quelques années. Boulangeries, primeurs, supérettes ou traiteurs proposent en fin de journée, souvent via des applications mobiles, un sac surprise de produits à prix réduit. Le principe séduit par son côté pratique et économique. Il impose en retour un peu de souplesse : on ne choisit pas le contenu, et il faut parfois cuisiner vite ce qu'on rapporte, surtout les produits frais proches de leur date limite.

Ce que dit le baromètre

Le vrac se stabilise après avoir beaucoup promis : il ne remplacera pas l'emballage, mais il a durablement trouvé sa place pour les produits secs. L'anti-gaspi, lui, s'installe plus profondément, parce qu'il touche des gestes simples et économiques. Lire une date, ranger un frigo, accommoder un reste : rien de spectaculaire, et c'est justement pour cela que ça dure.

Repères généraux sur l'alimentation et ses modes : ils ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un diététicien, en particulier pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes suivies pour une maladie ou une allergie.